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Réussir ses semis

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Le semis est sans doute la plus ancienne, mais aussi la plus facile des méthodes de reproduction des végétaux. Si, dans quelques semaines ou quelques mois, vous voulez admirer un jardin fleuri en abondance et récolter des légumes appétissants, il est temps de réaliser vos premiers semis.semis
D’une petite graine de quelques millimètres de longueur ou de diamètre, il est possible d’obtenir un arbre de plusieurs dizaines de mètres de hauteur ! N’est-ce pas merveilleux ?
Le semis est un moyen économique de reproduire une plante. Nul besoin d’être un expert en jardinage pour réussir. Tout au plus est-il important de prendre quelques précautions et de suivre pas à pas certaines règles pour avoir le plaisir de voir naître une nouvelle fleur, un nouveau légume, un nouvel arbre.

Préparer ses graines

Il est facile de récolter soi-même ses semences. L’inconvénient est qu’il y a de fortes chances pour que la plante qui naîtra ne soit pas en tout point identique à la plante mère. Par le jeu des croisements des grains de pollen, transportés par le vent, la pluie, les animaux, les outils de jardinage, il se produit des hybridations naturelles qui donnent naissance à de nouvelles espèces, de nouvelles variétés. C’est la raison pour laquelle, il est préférable d’acheter, chaque année, ses graines. Certifiées par le producteur, vous éviterez des déconvenues.

La grande majorité des graines ne demandent qu’à entrer en contact avec le support de culture pour germer. Cependant, certaines d’entre elles ont besoin d’une petite préparation pour émettre leur plantule. Ainsi, les graines de persil, du cèdre, du cytise, par exemple, doivent être mises à tremper quelques minutes ou quelques heures, selon la dureté du tégument qui les enveloppe, dans de l’eau tiède (entre 20 et 25 °C). Ce trempage est également un moyen pour vérifier la qualité des graines. Celles qui surnagent sont sèches et vides.

D’autres doivent passer par une période d’enfouissement pour voir ramollir leur coque. C’est le cas pour tous les arbres fruitiers à noyau, ainsi que pour les graines d’arbres et d’arbustes. En fin d’automne, placez ces graines dans un récipient rempli de sable humidifié. Enterrez-les dans un coin du jardin, le long d’un mur ou d’une haie exposée au nord, suffisamment profond pour qu’elles soient à l’abri du gel. Laissez ainsi jusqu’au printemps, période où vous pourrez les semer.

Des graines F1

Les hybrides marqués comme F1 sur les sachets de graines représentent le summum en matière de qualité. Ils sont issus d’une sélection rigoureuse et constituent la première génération de la lignée. Ces hybrides présentent des caractères d’homogénéité, de vigueur, de régularité de croissance, que vous ne retrouvez pas nécessairement avec les autres semences. Ces graines sont vendues un peu plus cher, mais vous vous y retrouvez largement par la suite.

Choisir un bon support

La qualité du substrat dans lequel les graines sont placées détermine la rapidité et la facilité de germination. C’est dire qu’il faut utiliser un support bien adapté.

Le terreau provient de la décomposition de matières végétales. Choisissez un produit dont le pouvoir en rétention d’eau est d’au moins 400 %, avec une teneur en air supérieure à 20 %. Regardez la fiche technique sur le sac pour prendre connaissance de ces indications. La présence d’un logo « Charte CAS » vous garantit un terreau de qualité. Préférez les terreaux dits de semis, car ils sont bien adaptés, contenant de la tourbe blonde et de la vermiculite. En y ajoutant un peu de sable pour lui donner de la consistance, vous aurez un mélange parfait. Les terreaux universels sont un peu passe-partout. Les meilleurs sont composés de tourbe brune, de tourbe blonde de fibres végétales et d’écorces décomposées. Enfin, les terreaux de feuilles sont excellents, mais ils s’assécheront moins vite si vous leur ajoutez un peu de sable et de tourbe.

La terre végétale est un support naturel qui convient pour les semis réalisés directement en place, mais ce n’est pas le meilleur, car cette terre est souvent lourde et compacte, mal aérée, et contient généralement de nombreuses graines de mauvaises herbes qui lèvent en même temps que les vôtres, parfois même plus vite ! Par contre vous pouvez la mélanger avec de la tourbe, du sable et du terreau de feuilles.

Le compost fait soit même n’est pas très conseillé pour les semis. Il est souvent grossier, mal décomposé et contient aussi des graines ou des morceaux de racines de plantes adventices. Utilisez-le plutôt pour vos rempotages ou comme amendement pour modifier la structure physique de la terre de votre jardin.

Compost “maison”

Si vous faites vous-même votre terreau à partir de votre compost, tamisez-le pour qu’il soit très fin. Mélangez-lui un insecticide du sol pour éliminer les parasites qui pourraient s’y trouver. Vous pouvez aussi le désinfecter à la chaleur en le mettant dans un récipient que vous placez durant une heure dans le four d’une cuisinière, à une température de 120 °C. Laissez refroidir avant de l’employer.

Le matériel de semis

Selon la saison et le type de graines, vous allez semer soit directement là où les plantes pousseront, soit dans un pot, une terrine ou un autre contenant rempli avec un support de culture dans lequel vous élèverez le jeune plant, avant de le repiquer ou de le transplanter. Dans certains cas, il faudra également donner de la chaleur pour accélérer la germination. Constituez vous une panoplie du semeur.

Un contenant bien adapté

Prenez un contenant d’au moins 8 à 10 cm de hauteur pour que les racines aient la place de se développer. Si vous employez des caissettes en polystyrène, récupérées sur un marché, ensez à bien les nettoyer avec une eau javellisée pour éliminer tout germe pathogène. Les caissettes en bois ou en plastique conviennent très bien. Vous pouvez aussi utiliser des petits godets en tourbe. Ils offrent l’avantage de conserver une motte bien constituée pour être mise en place sans dépotage, car ils sont biodégradables. Vous trouverez également des plaques alvéolées, en tourbe. Elles sont pratiques pour le transport des jeunes plants. Il suffit de découper chaque alvéole avant de les planter.

Au carré

Voici une astuce pour bien répartir vos graines, ce qui facilitera leur entretien et évitera que les plants soient trop serrés. Sur le dessus de votre caissette ou de votre terrine, placez un morceau de grillage dont les mailles ont un diamètre de 2 à 3 cm. Dans chaque trou, disposez au milieu une graine. Enlevez ensuite ce grillage. Vous aurez un semis très clair et régulier.

Maintenir un bon climat

Pour donner de la chaleur, faites vos semis dans une mini-serre. Certaines disposent même d’une petite résistance électrique placée sous le support de culture, qui procure une chaleur complémentaire. Prenez une mini-serre disposant d’un système d’aération, de façon à pouvoir changer l’air intérieur de temps en temps, notamment lorsque l’humidité est trop importante et risque d’entraîner l’apparition de moisissures.
À défaut d’avoir une mini-serre, vous pouvez toujours placer une plaque de verre sur votre terrine ou caissette de semis. Retournez cette plaque au moins deux fois par jour, car en dessous, la condensation est importante.

Accessoires à prévoir

Châssis, cloches, tunnels, films de protection complètent le matériel de semis. Ce sont des accessoires à utiliser pour les semis réalisés en pleine terre, pour les protéger des intempéries : froid, pluie, vent, etc. Ils ne sont à employer que si vous avez une quantité importante de graines à semer, car ils occupent un grand espace.

Les secrets de la réussite

Une graine germe avec un minimum de 12 à 15 °C dans le support. Une température difficile à obtenir, à l’extérieur, avant le mois d’avril ou mai selon les régions. Il est donc nécessaire d’apporter une chaleur artificielle au substrat. La façon la plus simple consiste à placer le contenant dans lequel vous avez réalisé votre semis près d’une source de chaleur : radiateur, fenêtre ensoleillée, serre, véranda, etc. Parfois, vous serez obligé de compléter la chaleur naturelle par l’installation d’une source complémentaire : résistances électriques, appareils de chauffage électriques, à pétrole, à fioul… Cependant, sachez qu’un excès de chaleur est tout aussi néfaste que le froid. Si vous disposez d’une surface vitrée, ombrez lorsque le soleil est trop ardent, aérez aux heures les plus chaudes de la journée, humidifiez l’air ambiant. Il importe que la température reste constante ou ne varie pas brusquement.

Il faut aussi beaucoup d’humidité. Maintenez le support de culture toujours bien mouillé, sans qu’il soit détrempé. S’il contient trop d’eau, vous risquez de voir apparaître des champignons et des maladies. Lorsque vous placez votre semis sous une mini-serre, l’hygrométrie ambiante est proche de la saturation. On parle souvent de semis « à l’étouffée ». Pulvérisez de l’eau sur votre caissette, en prenant un liquide à température ambiante. Il suffit de préparer cette eau en la laissant quelques heures dans la même pièce. Évitez l’eau calcaire qui laisse un dépôt sur les jeunes feuilles, bloquant les échanges gazeux entre les tissus et l’extérieur. Pour les semis qui sont pratiqués en place, arrosez souvent, de préférence le matin. Le soir, le sol se rafraîchit avec la nuit, ce qui peut bloquer le processus de germination.

Dernier facteur de réussite : la lumière. Pour germer, les graines sont enfouies dans le substrat et vivent donc dans l’obscurité. Mais dès que la première pousse apparaît, la lumière est indispensable. Elle entraîne la production de chlorophylle nécessaire à la photosynthèse.
La plante est une véritable usine chimique dans laquelle la lumière joue un rôle important, comme la fixation des glucides utiles à la croissance. Sans clarté, un végétal s’étiole, perd sa coloration, devient malingre.
Lorsque l’éclairage naturel ne suffit pas, complétez-le en installant une lumière artificielle à partir de lampes à incandescence ou de tubes fluorescents.
Des lampes de 30 à 40 watts suffisent. Attention, ne les placez pas trop près des semis, ces points lumineux dégagent de la chaleur qui pourrait brûler les jeunes pousses.

La luminosité d’un fenêtre

Placés derrière le vitrage d’une fenêtre, les jeunes plants bénéficient d’un maximum d’éclairage. Maintenez-les le plus près possible, car cette luminosité diminue de moitié à 1 m de distance de la baie. Mais si le soleil se montre trop ardent, disposez un voilage pour en atténuer les rayons.

Les semis en cassette

Il est pratiqué pour les graines qui demandent à être semées tôt en saison, à partir de janvier ou février, ou qui nécessitent un ou plusieurs repiquages avant l’installation définitive du plant.
Prenez une caissette en bois, en plastique ou en terre cuite. Assurez-vous que le fond est percé de plusieurs trous pour que l’eau d’arrosage en surplus puisse s’échapper. Sinon, vous risquez l’asphyxie des racines.
Dans le fond, disposez un lit de 2 à 3 cm de graviers, de pouzzolane ou de billes d’argile expansée, comme couche drainante. N’utilisez pas de sable qui passerait par les trous et se compacterait.

Recouvrez avec le support de culture, en vous arrêtant un bon centimètre en dessous du rebord du contenant. Ainsi, lorsque vous arroserez, vous ne risquerez pas de faire déborder le terreau.
Avec une petite planchette en bois, tassez légèrement. Semez enfin. Les grosses graines peuvent être placées une à une pour être bien réparties. Pour les autres, utilisez un semoir à main, le sachet de graines ou une feuille de papier pliée, ce pli servant de guide pour faire tomber les semences. Ne semez pas trop dru, les jeunes plantules ne doivent pas se gêner entre elles par la suite.
Lorsque les graines sont très fines, mélangez-les à du sable pour donner plus de consistance. Vous pouvez semer à la volée ou disposer les graines en lignes.
Recouvrez d’un millimètre de terreau finement tamisé, puis tassez à nouveau pour que les graines soient bien en contact avec le support. Mouillez en pluie très fine pour ne pas les découvrir ou les déplacer.
Placez au chaud. Maintenez humide tout le temps de la germination, et jusqu’à ce que vous repiquiez les plants.

Faites-les tourner !

Les jeunes plants qui commencent à pousser ont tendance à se diriger vers le point lumineux le plus élevé. Pour éviter qu’ils se développent en oblique, tournez régulièrement votre caissette d’un quart de tour.

Les semis sous châssis

C’est un semis extérieur sous un abri. Il se pratique en général en mars ou avril, ou en fin d’été, lorsque les plantes risquent de subir les premiers froids d’automne. Le châssis peut être remplacé par une cloche, un tunnel ou un voile de forçage.

Avant de poser votre châssis sur la terre, labourez-la pour la décompacter et l’aérer. Selon la nature de ce sol, vous aurez peut-être intérêt à placer une couche drainante, comme dans une caissette. Remplissez ensuite le coffre qui supporte le châssis avec du terreau ou un mélange préparé pour le semis.

Comptez une bonne dizaine de centimètres d’épaisseur. Nivelez avec une règle puis tassez légèrement avec une planchette en bois.

Semez à la volée ou en ligne. Cette deuxième solution est préférable, car elle permet un meilleur entretien et facilite l’éclaircissage des plants en surnombre. Tamisez un ou deux millimètres de terreau et tassez à nouveau. Arrosez avec un pulvérisateur ou la pomme d’un arrosoir.

Surveillance constante

Sous un châssis, il est possible de semer plusieurs plantes. Pour être en mesure de reconnaître les plants lorsqu’ils auront germé, divisez l’espace en autant de case que vous avez d’espèces, et piquez une étiquette dans chacune d’elles sur laquelle vous aurez noté le nom de la plante, la date de semis.

Les semis en pleine terre

C’est un semis qui se réalise directement là où la plante va croître. Pour cela, il est nécessaire que la terre soit suffisamment réchauffée. Il est difficile de semer en place avant avril, voire mai pour certains sols qui restent froids tard au printemps.

Préparez le terrain en le labourant sur une bonne vingtaine de centimètres de profondeur. Profitez de cette opération pour éliminer les gros cailloux ainsi que les racines des mauvaises herbes. Enfouissez aussi un fertilisant adapté au type de plante cultivée. Passez un coup de griffe pour niveler et briser les mottes. Terminez avec un râteau. Le lit de semis doit être très finement émietté. Plusieurs possibilités de semis s’offrent à vous.
Le semis à la volée est surtout pratiqué dans les massifs de fleurs ainsi que pour quelques légumes, lorsque l’on veut préparer du plant, ou pour des espèces comme les radis, la mâche, les pissenlits, etc. Il suffit de répandre, avec la main ou un semoir, les graines sur le sol, en veillant à ne pas trop les serrer. Recouvrez ensuite, soit en tamisant du terreau, soit en passant le râteau, très légèrement pour que les graines se trouvent sous une mince couche de terre. Tassez avec le dos du râteau et arrosez en pluie fine.

Le semis en ligne est préférable. L’entretien et l’éclaircissage des jeunes plants de deux ou trois feuilles, est plus simple et rapide. Pensez qu’il y aura des mauvaises herbes à éliminer ! Ne serrez pas trop vos rangs. L’écartement est proportionnel à la taille adulte des plantes. Il doit aussi laisser le passage d’un outil d’entretien (binette ou sarcloir). Tracez vos lignes avec la panne d’une serfouette le long d’un cordeau. Le sillon ne doit pas dépasser 1 cm de profondeur. Lorsque le sol est sec, mouillez le fond de la raie. Placez vos graines dans ce sillon en les répartissant bien, sans les serrer. Avec le râteau, faites retomber la terre sur les graines et tassez. Arrosez en pluie fine.

Le semis en poquet est pratiqué pour les grosses graines, comme celles des haricots, des pois ou des fèves ou les tubercules de pommes de terre. Il s’agit de creuser des trous dans le sol, à espacement régulier, profonds de 3 à 5 cm pour les graines, un peu plus pour les tubercules. Disposez 3 à 5 graines par poquet ou un tubercule, puis recouvrez de terre. Tassez légèrement et arrosez.

Refermez le châssis sur le coffre. Si les nuits sont encore très fraîches, disposez un paillasson que vous enlèverez dans la journée. De même, prévoyez une cale pour entrouvrir le châssis lorsque la température monte au-dessus de 15 à 18 °C. Sous un châssis, les plants peuvent rester plus longtemps que dans une mini-serre, ce qui peut vous faire gagner un repiquage intermédiaire. Mais ne les laissez pas atteindre la partie vitrée, car vous risquez des brûlures sur le feuillage ou l’apparition de moisissures.

Les semis en pleine terre

Cette expression est employée lorsque l’on réalise un semis en pleine terre, dont les jeunes plants qui en sont issus sont ensuite repiqués dans un autre endroit, à l’inverse d’un semis en place où ils sont installés de façon définitive. C’est généralement le cas des semis d’arbres, d’arbustes ou de plantes vivaces.

Les soins :
Après le semis…

… de l’humidité

Il est important que le support reste constamment humide.
Mais ne le détrempez pas, vous auriez une perte importante de jeunes plants.

… de la douceur

Si la plante demande un repiquage intermédiaire entre le semis et la mise en place définitive, intervenez lorsque le plant a 2 ou 3 feuilles. Saisissez-le délicatement en le soulevant avec un petit outil pour ne pas casser ses racines. Transplantez-le dans un pot ou un godet en tourbe, rempli de terreau additionné de terre de jardin. Mettez sous abri pour favoriser la reprise.

… de l’espace

Dans les semis en place, il y a de fortes chances, même si vous avez la main légère, que vous soyez obligé d’enlever des plants en surnombre. C’est l’éclaircissage. Sauf pour les légumes racines, vous pouvez très bien utiliser les plants arrachés pour combler des vides.

… de l’énergie!

L’apport de fertilisant n’est pas utile sur les jeunes plants. Par contre, lorsqu’ils sont bien développés et installés à leur emplacement définitif, un peu de nourriture ne peut que leur être bénéfique.

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