La bronchite chronique : une mortalité importante

En France, la bronchite chronique touche 2 500 000 personnes, parmi lesquelles 500 000 femmes. Cette affection est à l’origine de 50 000 décès par an. Elle est donc une des premières causes de mortalité, et elle a une nette prédominance masculine : elle touche quatre hommes pour une femme.
Le bronchitique chronique « type » est un homme de plus de 40 ans, fumeur et buveur, à faibles revenus, soumis souvent à des intoxications professionnelles (mineur) et vivant en milieu urbain (pollution atmosphérique).
La bronchite chronique se définit par une augmentation de la sécrétion de la muqueuse bronchique. Le caractère chronique est également précis : il se définit par une toux productive (grasse) et une expectoration (crachat), pendant un minimum de trois mois par an pendant au cours d’au moins deux années consécutives.
On distingue la bronchite chronique simple, et, à un stade plus évolué, la bronchite chronique obstructive.

Comprendre la bronchite chronique

La bronchite chronique est la conséquence d’une hypersécrétion touchant les grosses bronches. Lorsqu’elle est obstructive, il s’y associe des lésions inflammatoires, sténosantes, qui touchent les petites bronches. Cette inflammation chronique entraîne une inefficacité de la ventilation, alors que la circulation sanguine, au niveau des alvéoles pulmonaires, reste normale. Il en résulte une hypoxémie (baisse de la concentration d’oxygène dans le sang), et une polyglobulie (augmentation du nombre de globules rouges). À long terme, la bronchite chronique peut être responsable d’une insuffisance cardiaque droite.

Symptômes de la bronchite chronique

La bronchite chronique simple se traduit seulement par une toux, sans gêne respiratoire à l’effort. Mais l’évolution, sans traitement énergique, se fait vers la bronchite chronique obstructive.

La bronchite chronique obstructive réunit les signes suivants :

  • toux productive, plus marquée le matin et en hiver. Dans la journée, cette toux devient plus sèche.
  • expectoration matinale, d’abord purulente, grisâtre ou jaunâtre, puis, dans la journée, les crachats deviennent muqueux ou mucopurulents.
  • dyspnée d’effort : elle oblige le bronchitique à s’arrêter de marcher. Elle s’accentue lors des infections et est influencée par les irritants bronchiques, en particulier le tabac et la pollution atmosphérique.

 

Un profil idéal ?

À l’examen, le bronchitique chronique a souvent un aspect caractéristique : il présente un excès de poids, il est cyanosé, avec un visage érythrosique (rouge), piqueté de télangiectasies, c’est-à-dire d’étoiles vasculaires violacées. Les globes oculaires sont rouges et larmoient facilement. Le thorax est souvent en forme de bonbonne. S’il présente une hémoptysie (crachements de sang) ou un hippocratisme digital, il faut rechercher un cancer pulmonaire.
À l’auscultation, le murmure vésiculaire est moins bien perçu. Il y a fréquemment des ronchus et des sibilances à la base des poumons.
Il peut y avoir des signes d’insuffisance ventriculaire droite, témoins d’une bronchite chronique obstructive évoluée.

L’évolution de la maladie

L’évolution de la maladie dépend de l’étendue des lésions et des facteurs favorisants, en particulier le tabagisme, qui est la principale cause de la bronchite chronique. L’évolution peut être émaillée de plusieurs complications :

  • infection respiratoire avec aggravation de la dyspnée, toux, expectoration purulente. Les râles bronchiques sont bien entendus, la fièvre peut être absente, mais l’asthénie est fréquente. Les microbes les plus fréquemment rencontrés sont l’hémophilus influenzae, le pneumocoque, le virus de la grippe ou encore le bacille de la tuberculose.
  • cancer pulmonaire, notamment en cas de persistance du tabagisme.
  • insuffisance cardiaque droite.
  • complications dues aux médicaments : les bronchitiques ont tendance à abuser des sédatifs, des somnifères et des antitussif, qui sont tous susceptibles de déprimer les centres respiratoires. Les médicaments les plus dangereux, de ce point de vue, sont la codéine et les bêtabloquants qui peuvent provoquer une bronchospasme et être à l’origine d’une insuffisance respiratoire aiguë.

les examens complémentaires

Les moyens d’ investigation dont le médecin dispose pour confirmer le diagnostic de bronchite chronique sont les suivants :

  • Le débitmètre de pointe : cet appareil permet de mesurer le débit expiratoire de pointe (DEP) ou maximal. Il confirme le trouble obstructif avec un DEP inférieur a 300 l/mn. Si l’inhalation d’un bronchodilatateur comme la Ventoline n’améliore pas le syndrome obstructif, il faut pratiquer une radiographie pulmonaire et une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR).
  • La radiographie pulmonaire : elle est souvent peu évocatrice. On observe parfois une accentuation de la trame bronchique, un abaissement modéré du diaphragme. Sur les clichés de bonne qualité apparaissent des signes bronchiques avec de petites bronches aux parois épaissies, des bulles, des zones claires correspondant a une destruction du parenchyme pulmonaire. Le coeur est augmenté de volume aux dépens des cavités droites et les gros vaisseaux pulmonaires sont élargis.
  • L’exploration fonctionnelle respiratoire : la spirométrie montre un abaissement du VEMS. S’ il est inférieur a 50% des valeurs théoriques, il s’agit d’une obstruction sévère avec dyspnée d’effort. S’il est inférieur a 20%, il traduit une dyspnée de repos. Le rapport VEMS/CV diminue également. S’il est inférieur a 55% des valeurs théoriques, il traduit la dyspnée d’effort. Au-dessous de 30%, il traduit la dyspnée de repos. Le volume résiduel augmente alors que la capacité pulmonaire totale reste subnormale. Les épreuves aux bronchodilatateurs (Ventoline, Bricanyl) permettent de vérifier la réversibilité du trouble obstructif : si le VEMS augmente de 15% après inhalation, on dit que le test est positif.
  • La gazométrie : au début, les gaz du sang sont normaux. Quand la dyspnée apparaît, le faux d’oxygène du sang artériel baisse, puis on observe une augmentation du taux de gaz carbonique. Ces deux dosages sons significatifs de l’insuffisance respiratoire chronique. La baisse de l’oxygene dans le sang entraîne une polyglobulie, une élévation de l’hematocrite, tandis que la VS (vitesse de sédimentation) reste basse.

 

Traitement de la bronchite chronique

Si vous êtes atteint de bronchite chronique, il est indispensable que vous compreniez bien le mécanisme de cette maladie. Le succès de son traitement dépend uniquement de votre persévérance et de votre sérieux dans le suivi des prescriptions du médecin.

la bronchite simple

Au stade de la bronchite chronique simple, il est indispensable d’arrêter de fumer. Si cela est nécessaire, il est souhaitable de maigrir.
Faites vous vacciner contre la grippe et contre les pneumocoques. Vous pouvez également prendre des immunostimulants en aérosol qui vous aideront a lutter contre les infections respiratoires saisonnières. Faites vous soigner si vous avez des foyers d’ infections chroniques, comme une sinusite chronique ou un abcès dentaire, qui sons souvent a l’origine de surinfections.
En cas de surinfection, c’est-à-dire si vous avez une bronchite avec fièvre, il faut prendre des antibiotiques, au moins pendant dix fours. Les antibiotiques les plus utilisés sont l’ampicillineamoxicilline du type Clamoxyl, ou la fluoroquinolone du type Oflocet.

la bronchite obstructive

Lorsque l’évolution se fait vers la bronchite chronique obstructive, la prise en charge médicale devient permanence. Les médicaments utilisés sont les aérosols de bronchodilatateurs lors des épisodes de bronchospasme. Le malade doit apprendre à faire durer l ‘inhalation de ces produits jusqu’a amélioration de la dyspnée, mais aussi à savoir arrêter avant l’apparition des signes toxiques (les bronchodilatateur; peuvent provoquer des tremblements et des palpitations). Ces médicaments sont utilises en aérosols et également en comprimes.

  • La théophylline a des propriétés bronchodilatatrices et elle ( améliore le transport du mucus sur les cils bronchiques. Elle augmente aussi la contractilité et l’endurance a l’effort du diaphragme. Elle existe sous une forme a libération prolongé, qui permet d’avoir un taux sanguin efficace de théophylline pendant plusieurs heures.
  • Les corticoïdes à faible dose (Solupred) luttent contre inflammation des bronches et freinent la chute du VEMS.
  • Le Vectarion stimule la respiration en agissant sur les chémo-récepteurs et améliore le rapport ventilation/perfusion.
  • Les mucolytiques (Mucomyst, Fluimicil, Mucolator) oral la propriété de rendre plus fluides les sécrétions bronchiques et donc de les éliminer plus facilement. En traitement prolongé, ils sont un complément important à la lutte contre l’encombrement bronchique.

La kinésithérapie devient indispensable lors des surinfections. L’objectif est de désencombrer les bronches et de lutte contre l’essoufflement. Le drainage respiratoire s’effectue par accélération du flux expiratoire ce qui provoque l’évacuation de sécrétions. Dans la bronchite chronique, l’important est d’apprendre à bien cracher : le kinésithérapeute vous apprendra à tousser de faon que votre toux devienne expulsive, donc efficace. Il faut que vous pratiquiez quotidiennement cette technique, appelée « toilette bronchique ».
La lutte contre l’essoufflement consiste en une rééducation à l’effort, sur un tapis roulant ou une bicyclette ergométrique. Il faut que l’effort soit fait progressivement, en accord avec vos capacités. Il est également important de faire des exercices des membres supérieurs et inférieurs, ainsi que d’apprendre à mieux coordonner les muscles ventilatoires et thoraco-abdominaux. Cette rééducation sera toujours talle sous la conduite d’un kinésithérapeute.

BON À SAVOIR

Lorsque la bronchite chronique obstructive évolue vers l’insuffisance respiratoire chronique obstructive, l’oxygène à domicile, pendant 15 à 18 heures par jour, devient indispensable.

 

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