Le cancer du foie est en augmentation constante, sa fréquence est plus importante en Afrique (avec 30 cas pour 100 000 habitants et par an) et en Extrême-Orient (35 cas/100 000 hab/an) qu’en Europe (5 cas/100 000 hab/an).
L’âge de survenue dans les pays les plus atteints est de 35 ans. En Europe et aux États Unis, l’âge moyen est de 60 ans. Les hommes sont nettement plus touchés que les femmes. Ceci s’explique par le fait que le cancer du foie est souvent une complication de l’alcoolisme et de la cirrhose du foie, qui est surtout une maladie masculine.

Comprendre le cancer du foie

La cause principale du cancer primitif du foie (on parle aussi « d’hépato-carcinome ») est la cirrhose alcoolique responsable de 20% des tumeurs cancéreuses du foie (hépatomes). C’est une cause fréquente en Europe.
Les autres causes sont :

  • l’infection chronique par le virus de l’hépatite B (important en Afrique). Le risque est également important en cas d’infection par le virus C ou en cas de double infection par les virus B et C.
  • l’hémochromatose (surcharge de l’organisme en fer).
  • l’administration prolongée de stéroïdes anabolisants, d’androgènes ou la prise prolongée de contraceptifs oraux : ils peuvent tous favoriser le développement d’un adénome (tumeur bénigne) qui peut ultérieurement se cancériser.

Le cancer du foie est responsable chaque année de 500 000 décès à travers le monde. Il correspond le plus souvent à des tumeurs épithéliales : hépatomes malins dans 80% des cas, cholangiomes (à partir des cellules des voies biliaires), parfois hépatocholangiomes. Les autres tumeurs sont des angiosarcomes ou des hémangiosarcomes.

Reconnaître le cancer du foie

Les principaux signes du cancer du foie sont les suivants :

  • Les douleurs hépatiques (on parle d’ohépatalgies»), avec ou sans ictère survenant dans un contexte de fièvre et d’altération de l’état général.
  • Une ascite récidivante devenant hémorragique est parfois observée, ainsi que des symptômes évoquant une cirrhose, ou encore un abcès du foie entraînant des douleurs vues de l’hypocondre droit et une fièvre d’apparition brutale. Dans certains cas, il peut se manifester par un épanchement de sang dans le péritoine (on parle d’« hémopéritoine »). Il peut être complètement latent (passer totalement inaperçu) et n’être découvert qu’à l’autopsie.
  • Une hépatomégalie : le foie est augmenté de volume, irrégulier, dur, bosselé, douloureux à la palpation.

Les examens

Le diagnostic sera fait à la suite de nombreux examens.

  • Les examens sanguins sont souvent perturbés avec :
  • à la numération-formule sanguine : une anémie avec une hyper-leucocytose (augmentation des globules blancs) parfois une polyglobulie (augmentation des globules rouges), ou une éosinophilie (augmentation de polynucléaires éosinophiles).
  • une accélération de la vitesse de sédimentation.
  • à l’électrophorèse des protéines : une élévation des alpha 2-globulines.
  • une augmentation du taux de fibrinogène.
  • des signes d’atteinte hépatique avec une augmentation des gamma GT, des phosphatases alcalines. Tous ces éléments peuvent orienter vers une tumeur hépatique.
  • alpha-foeto-protéines : dans 90% des cas elles sont augmentées (taux normal : 15 à 20 nanogrammes/L). L’élévation du taux est fonction de la taille de la tumeur.
  • Les examens radiologiques vont préciser le diagnostic :
  • la radiographie de l’abdomen montre une surélévation du diaphragme. Parfois il y a un épanchement pleural ;
  • l’échographie permet de découvrir des masses inférieures à 1 cm. Sa sensibilité est importante, supérieure à celle du scanner. Couplée à la ponction-biopsie, elle permet de faire le diagnostic et a largement remplacé les techniques traditionnelles qui consistaient à faire une « laparotomie », c’est-à-dire à ouvrir l’abdomen afin de faire le diagnostic ;
  • la scintigraphie permet de montrer l’existence de lacunes supérieures à 3 cm, mais n’apporte pas un diagnostic de certitude ;
  • l’IRM (Imagerie à résonance magnétique) ne semble pas supérieure à l’échographie pour le dépistage du cancer du foie. Elle permet, dans le cas de nodules d’apparition récente chez des sujets à risque, de trancher avec un angiome. Elle peut être utile pour faire un bilan d’extension du cancer, mais elle ne semble pas supérieure dans ce cas au scanner ;
  • le scanner et l’artériographie (injection d’un produit opaque dans les artères du foie) : ces examens situent exactement l’emplacement des tumeurs, ils permettent notamment de visualiser les tumeurs dans les vaisseaux portes ou montrent une thrombose (obturation) de la veine porte, et ils apprécient le pronostic, surtout lorsque l’on veut tenter une intervention chirurgicale.
  • L’évolution de la maladie varie selon la nature de la tumeur cancéreuse. Le pronostic reste cependant redoutable : la mort survient par hémorragie, dissémination de la tumeur, infection, ou insuffisance hépatique, fréquente dans les cas où le cancer survient à cause d’une cirrhose.

Traiter le cancer du foie

Le traitement du cancer du foie est chirurgical, mais il dépend de la taille de la tumeur. Ce traitement n’est possible que dans 5% des cas seulement. On réalise une hépatectomie partielle (ablation d’une partie du foie). Le résultat est meilleur si la tumeur est bien limitée. La survie à cinq ans est en moyenne de 15 à 30%.
Lorsque la tumeur est trop importante, on enlève tout le foie et on fait une greffe de foie, dans la mesure du possible.
Les autres traitements consistent à faire de la chimiothérapie localement pour limiter l’extension du cancer. Elle a surtout un effet antalgique (elle calme les douleurs) et diminue le risque de métastases.

 

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